Guerre d’Usure (1969-70)

Tsahal au passé > Guerres et Opérations > Guerre d’Usure

Soldat israélien observant les positions égyptiennes aux jumelles

La Guerre d’Usure (hébreu : מלחמת ההתשה, ‘Milhemet HaHatasha’) est une guerre limitée qui opposa officiellement Israël à l’Égypte de mars 1969 à août 1970. Cependant, toute la période allant de la fin de la Guerre des Six Jours au début de la Guerre du Kippour fut troublée par de nombreux accrochages entre Israël et ses voisins, et ce sur tous les fronts (nord, sud et est). C’est pourquoi l’expression « Guerre d’Usure » désigne par extension cette période d’entre-deux-guerres et pas seulement la guerre limitée entre Israël et l’Égypte en 1969-1970. Enfin, la période a été marquée par une vague d’attentats à l’extérieur du territoire israélien dans une tentative des terroristes palestiniens d’exporter le conflit hors du Moyen-Orient.

I. Contexte
II. Période Allant de Juin 1967 à Février 1969
III. Période Allant de Mars 1969 à Août 1970
IV. Période Allant d’Août 1970 à la Guerre du Kippour (1973)
V. Échange de Prisonniers

I. Contexte

Frontières d'Israël après la Guerre des Six Jours

Frontières d’Israël après la Guerre des Six Jours

A la fin de la Guerre des Six Jours, une nouvelle réalité émergea : les lignes de cessez-le-feu modifiaient complètement le tracé de la carte d’Israël. Ses frontières terrestres étaient raccourcies de 650 km alors que ses frontières maritimes étaient allongées de 1000 km. Les nouvelles frontières étaient éloignées du centre d’Israël et obligeaient Tsahal à se préparer en conséquence. En outre, les territoires fraîchement conquis hébergeaient une population arabe qui comptait près d’un million d’habitants.

La période qui sépare la Guerre des Six Jours de la Guerre du Kippour peut être divisée en trois sous périodes :

– De juin 1967 à février 1969 : calme relatif avec l’Égypte, et forte activité dans les régions de Jordanie et de Judée-Samarie.

– De mars 1969 à août 1970 : période de la Guerre d’Usure à proprement parler contre l’Égypte.

– D’août 1970 à la Guerre du Kippour (octobre 1973) : essentiel de l’activité dans la région du plateau du Golan et du Liban.

Retour en haut de page

II. Période Allant de Juin 1967 à Février 1969

Incidents sporadiques sur le front égyptien et vote de la Résolution de Khartoum

Tsahal se préparait dans les nouveaux territoires, qui étaient d’une étendue inconnue jusqu’alors. Ces préparatifs incluaient la construction de quartiers généraux de commandement, l’installation de forces le long des lignes de cessez-le-feu et une préparation logistique adéquate. Une administration militaire fut établie dans ces territoires afin de contrôler la population civile et gérer les problèmes.

A l’issue de la Guerre des Six Jours, une brigade blindée tenait la ligne du canal de Suez, et à la fin de l’année 1968, un quartier général de division fut créé pour diriger les forces présentes sur les lignes du canal et du Sinaï. Deux brigades blindées lui étaient subordonnées, la première étant installée le long des lignes de cessez-le-feu, et la seconde à l’intérieur du territoire. Le Commandement de la « Région Salomon », responsable de la région du Sud-Sinaï, fut créé.

En septembre 1967, à l’issue du Sommet de la Ligue Arabe qui se tint à Khartoum au Soudan, les États arabes participants proclamèrent les « Trois Non » de la Résolution de Khartoum : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d’Israël, non à toute négociation avec Israël. Les premiers incidents de tir eurent lieu dès le mois de juillet 1967 dans la zone du canal de Suez, et eurent pour conséquence la construction d’un système de fortifications improvisées. En octobre 1967, le destroyer israélien « Eilat » fut coulé par l’Égypte et Tsahal riposta en bombardant les raffineries de Suez, une action qui permit de restaurer un calme relatif dans la zone du canal.

Complexe égyptien touché par un tir d’artillerie israélien – 1968

En septembre 1968, les Égyptiens bombardèrent par surprise la ligne de la zone du canal de Suez et réitérèrent ces bombardements en octobre. Au cours de ces deux incidents, de nombreux soldats israéliens furent blessés et il s’avéra que les fortifications improvisées n’étaient pas résistantes aux bombardements. Tsahal riposta par un raid sur Nag Hammadi en plein cœur du territoire égyptien, au cours duquel des ponts et des stations électriques furent sabotés par la force d’attaque israélienne. Ce raid amena une période de calme d’environ trois mois, au cours de laquelle Tsahal commença la construction d’une ligne « fortifiée », c’est-à-dire une ligne de postes militaires le long de la côte, capables de résister à des bombardements intensifs, des talus de terre le long du canal et des stations de chars de combat.

Situation tendue sur le front est (Jordanie et Judée-Samarie), avec la bataille de Karameh en point d’orgue

Dans la région de la Vallée du Jourdain, des postes militaires furent construits le long du Jourdain, une clôture de sécurité fut érigée et des moyens furent développés dans le but d’empêcher toute infiltration en territoire israélien. Une ligne de postes militaires fut également érigée dans le plateau du Golan et un quartier général fut établi pour diriger cette zone.

Après la Guerre des Six Jours, les organisations terroristes essayèrent de transposer la « guerre populaire de libération » dans les territoires conquis de Judée-Samarie. Au départ, les terroristes jouissaient de la complicité de la population qui leur fournissait abri et vivres. Israël entreprit une politique visant à séparer les terroristes de la population. Les forces de sécurité israéliennes furent impitoyables envers les terroristes et leurs complices, tout en s’efforçant de maintenir des contacts avec la Jordanie. La tentative de créer une « guerre de libération » échoua, mais les terroristes parvinrent toutefois à exécuter un certain nombre d’attentats dans les territoires de Judée-Samarie, de la bande de Gaza et d’Israël.

Après leur échec, les organisations terroristes déplacèrent le centre de leurs activités contre Israël en Jordanie, et érigèrent leurs bases de l’autre côté de la ligne de cessez-le-feu. Ces activités comprenaient notamment des opérations d’infiltration, de pose de mines, et de tirs dirigés contre des israéliens au-delà de la frontière. Pendant cette période, on dénombra des centaines d’incidents de tirs. La plupart des incidents étaient initiés par des terroristes, mais il arriva que l’Armée Jordanienne les aide dans leurs tentatives ou qu’elle riposte après l’endommagement de leurs postes militaires lors d’un de ces incidents. L’Armée Irakienne, stationnée en Jordanie, participa aussi aux événements. Au cours des incidents, les communautés de la vallée de Bet Shéan furent gravement endommagées. L’activité terroriste suscita des ripostes fermes de Tsahal, avec pour point culminant le raid de mars 1968 sur le camp terroriste localisé dans la petite ville de Karameh, située en Jordanie dans la région du sud de la Mer Morte. Cette opération fut la plus étendue depuis la fin de la Guerre des Six Jours, et l’Armée Jordanienne prit également part au combat aux côtés des terroristes. Cette opération permit de faire comprendre aux organisations terroristes qu’elles seraient inquiétées jusque du côté Est de la Vallée du Jourdain, et ces dernières furent contraintes d’éloigner leurs bases vers l’Est, sur les pentes des montagnes, et plus tard jusqu’au sommet de la montagne.

Raid israélien sur la petite ville de Karameh en Jordanie

Les terroristes commencèrent à s’implanter dans les concentrations urbaines en Jordanie et à y établir un « État dans l’État ». Cela conduisit à des frictions entre les terroristes et les autorités jordaniennes, qui allèrent en s’intensifiant. Tsahal réagit à la multiplication de ces bases par le biais de bombardements effectués par l’Armée de l’Air.

Afin d’éviter l’infiltration de cellules terroristes, des embuscades furent organisées pour piéger les terroristes directement en Jordanie. Contre les cellules qui réussissaient à s’infiltrer en Israël malgré tout, une nouvelle forme de lutte fut développée : la course-poursuite. Des forces mobiles d’infanterie et des unités de reconnaissance transportées par hélicoptère, assistées par des chars blindés, participaient à ces courses-poursuites dans le but d’empêcher les terroristes d’atteindre les centres de population. Le côté est de la Vallée du Jourdain devint peu à peu un no man’s land délaissé progressivement par la population civile.

Suite à la multiplication de leurs échecs en territoire israélien, les organisations terroristes prirent une nouvelle orientation et décidèrent de transposer leurs activités à l’international. En décembre 1968, après la réalisation de trois attentats contre des avions de la compagnie israélienne « El Al » en dehors d’Israël, des forces de Tsahal firent un raid sur l’aéroport de Beyrouth et frappèrent des avions de compagnies aériennes arabes.

Retour en haut de page

III. Période Allant du 8 Mars 1969 au 7 Août 1970

Début officiel de la guerre avec l’Égypte

Le 8 mars 1969, le président égyptien Gamal Abdel Nasser déclara la fin du cessez-le-feu avec Israël, et par la même occasion le début officiel de la Guerre d’Usure. Les opérations égyptiennes comprenaient de lourds bombardements sur les points forts israéliens et sur leurs chemins d’accès,  et des raids aériens, attaques et embuscades en territoire israélien. On comptait des dizaines de blessés parmi les rangs de Tsahal. Les forces israéliennes stationnées le long de la ligne du canal ripostèrent et les localités égyptiennes de la région furent abandonnées et devinrent des villes fantômes. Afin de contraindre les Égyptiens à maintenir le cessez-le-feu, Tsahal entreprit des opérations offensives, matérialisées par des raids sur le front et dans le territoire égyptien. Mais les tirs égyptiens ne cessèrent pas pour autant.

Frontière nord du canal du Suez en 1969

L’escalade dans les combats commença à partir du 20 juillet 1969. La nuit précédente, les forces spéciales de la Marine Israélienne (la « Shayetet 13 ») avaient effectué un raid sur l’Ile Verte dans le nord du Golfe de Suez, et le lendemain l’Armée de l’Air commença à attaquer les forces égyptiennes sur la ligne du canal de Suez sans discontinuer. Tsahal poursuivit ses opérations aériennes en plein cœur du territoire égyptien, et effectua une incursion vers la côte ouest du Golfe de Suez à l’aide de chars blindés au début du mois de septembre 1969. Les Égyptiens subirent d’importantes pertes, et en décembre 1969, la plupart des batteries de missiles anti-aériens égyptiennes avaient été détruites. Par conséquent, le nombre de victimes israéliennes diminua le long de la ligne du canal.

Le 7 janvier 1970, la Guerre d’Usure prit un tournant, lorsque l’Armée de l’Air israélienne commença à bombarder des cibles militaires en plein cœur du territoire égyptien. Des bases militaires et des batteries de missiles furent bombardées dans les régions du Delta du Nil et du Caire. En février 1970, les Soviétiques endossèrent la responsabilité d’assurer la défense anti-aérienne de l’Égypte, et déployèrent des batteries de missiles et des avions de combat.

Soldat israélien observant les positions égyptiennes aux jumelles

En avril 1970, les Égyptiens intensifièrent les combats, au moyen de tirs d’artillerie, de tirs d’obus de chars, d’attaques aériennes, d’embuscades et de raids sur les places fortes en territoire israélien. Au milieu du mois d’avril, l’Armée de l’Air cessa les bombardements en territoire égyptien, mais continua à attaquer des cibles le long de la ligne du canal de Suez. A la fin du mois de mai, les Égyptiens exécutèrent deux embuscades en territoire israélien qui firent de nombreux blessés israéliens et qui menèrent à une recrudescence des combats. L’Armée de l’Air riposta en attaquant la zone nord du canal, frappa l’infrastructure égyptienne et coupa les connexions terrestres menant à Port-Saïd. Plus tard, une attaque fut lancée sur la ligne égyptienne dans cette zone. Les forces égyptiennes furent durement touchées, mais réussirent toutefois à avancer des batteries de missiles vers la ligne. L’Armée de l’Air attaqua et détruisit une partie de ces batteries, mais subit des pertes. En juin 1970, les Américains initièrent des discussions pour l’obtention d’un cessez-le-feu, qui entra en vigueur le 7 août dans la zone du canal de Suez.

Accalmie sur le front jordanien

Dans la région jordanienne, les efforts de sécurité permirent de contrecarrer les tentatives d’infiltration en territoire israélien. Quant aux terroristes, ils se contentaient d’exécuter des actions près de la ligne et au-delà, au moyen d’attaques de postes militaires, de tirs d’artillerie et de roquettes sur les implantations de la Vallée de Bet Shéan et de la Vallée du Jourdain. Ils répliquèrent également ces actions dans les zones de la Mer Morte et de l’Arabah. Tsahal se prépara à mettre fin à cette activité terroriste au moyen d’embuscades, de patrouilles de la Marine en Mer Morte et de raids du côté est de la ligne.

En février 1970 eut lieu la première crise entre les terroristes et l’Armée Jordanienne. En avril 1970, le Roi Hussein de Jordanie fut contraint de céder aux terroristes et établit le gouvernement voulu par ces derniers ; mais les incidents entre l’Armée Jordanienne et les terroristes reprirent de plus belle et atteignirent un sommet lors d’un violent affrontement en septembre 1970, connu sous le nom de « Septembre noir ».

Ouverture d’un front au nord avec la Syrie et le Liban

La frontière syrienne, qui était relativement calme depuis la fin de la Guerre des Six Jours, fut le théâtre d’une escalade de la violence.

Chaque mois, 40 incidents se déroulaient en moyenne à cette frontière. L’Armée Syrienne multipliait les bombardements de postes d’observation, les attaques aériennes sur les postes militaires israéliens, et les embuscades. Elle autorisa l’expansion des activités des organisations terroristes de Syrie, et ces dernières tendaient des embuscades, attaquaient des véhicules et posaient des mines. Tsahal riposta et prit même l’initiative de lancer des « journées de combat », qui comprenaient des tirs d’artillerie et de tanks, des actions de l’Armée de l’Air et des raids d’hélicoptères en plein cœur du territoire syrien. Le point culminant de ces opérations offensives de cette période fut atteint pendant les trois « journées de combat », au cours desquelles un nombre considérable de soldats syriens furent blessés ou tués.

En 1968, les organisations terroristes commencèrent à établir des bases sur les pentes du sud-ouest du Mont Hermon. Les terroristes venaient de cette zone, surnommée le « Fatah Land », pour effectuer des attaques terroristes en Israël. Près de 80 attentats furent commis en 1969, et 200 en 1970. Les terroristes essayèrent d’opérer à l’ouest du fleuve Hasbani mais ils se heurtèrent à la résistance des autorités libanaises. Toutefois, en novembre 1969, les « Accords du Caire » furent signé entre le Liban et les terroristes, autorisant le lancement d’opérations à partir de cette zone. Les activités des terroristes comprenaient des tirs de roquettes en direction des communautés du nord d’Israël, le mitraillage de véhicules sur la route du nord, et des infiltrations dans le but de commettre des attentats. Un grave attentat eut lieu en mai 1970, lorsqu’un autobus scolaire fut attaqué à l’arme à feu par des terroristes sur une route du nord d’Israël. Douze enfants furent tués et 29 personnes blessées au cours de cet attentat.

Mémorial du massacre du bus scolaire du 8 mai 1970. Crédit : www.ezy.co.il

Afin d’enrayer cette activité terroriste, il fut décidé d’ériger un « système de clôtures », comprenant l’installation de barrières, de mines et de moyens de brouillage ; de plus, des patrouilles de routine et des postes d’observation furent mis en place, des embuscades furent tendues, dont certaines au-delà de la frontière. En mai 1970, une attaque des forces blindées fut effectuée dans des villages de la région du « Fatah Land », au cours de laquelle les forces israéliennes opérèrent en territoire ennemi deux jours durant. Les forces israéliennes s’emparèrent de « Har Dov » et un poste militaire fut établi au sommet de la montagne pour dominer la région. Par la suite, des chemins furent ouvert vers la région du « Fatah Land », ce qui permit une action plus efficace contre les terroristes.

Les organisations terroristes opéraient également en dehors d’Israël – principalement contre les entreprises de transport aérien liées d’une façon ou d’une autre à Israël, et contre les ambassades d’Israël. L’événement le plus marquant fut l’explosion d’un avion de la « Swissair » qui faisait route de Zürich vers Tel Aviv, 9 minutes après son décollage. L’attentat, commis par le FPLP, coûta la vie à la totalité des 47 occupants (dont 13 israéliens) de l’avion qui s’écrasa dans une forêt à proximité de Würenlingen.

Retour en haut de page

IV. Période Allant d’Août 1970 à la Guerre du Kippour

Intensification des affrontements au nord du pays

Au cours de cette période, les opérations de sécurité furent concentrées sur la région du Liban. A la suite de la guerre civile en Jordanie, des milliers de terroristes furent expulsés de ce pays. Ils se concentrèrent au Liban et se basèrent sur les pentes ouest du Mont Hermon, dans des villages à proximité de la frontière avec Israël, dans des camps de réfugiés sur la côte et à Beyrouth. Leurs activités terroristes comprenaient des incursions en territoire israélien, des tentatives d’intrusion par la voie maritime, des tirs sur des véhicules de patrouilles le long de la frontière nord, et des tirs de roquettes.

Au début de l’année 1972, le nombre d’attentats à la frontière libanaise augmenta. Israël avertit que si les attaques étaient amenées à se poursuivre, Tsahal entrerait au Sud Liban, et une trêve temporaire fut obtenue de la sorte. En février 1972, Tsahal commença à modifier sa façon d’opérer, en exécutant des raids relativement profonds et avec des forces nombreuses, incluant des interventions ciblées de l’Armée de l’Air par le biais de bombardements en plein cœur du territoire ennemi. Le même mois, la construction d’une route menant vers la zone du « Fatah Land » fut achevée, et un raid de chars blindés fut effectué sur le village d’Aynata. Ces raids contraignirent les terroristes à quitter ces villages et à établir leurs bases en pleine nature, avec pour corollaire une diminution du nombre d’attaques terroristes. En septembre 1972, du fait d’une escalade de la violence à la frontière avec la Syrie, Tsahal engagea une opération offensive étendue au Liban, surnommée la « mini-offensive », et au cours de laquelle des forces d’infanterie et blindées recherchèrent les points de concentration de terroristes au Sud Liban. Des raids furent effectués sur les bases terroristes à l’intérieur du territoire libanais – un sur les bases situées près de Tripoli (en février 1973) et le second sur les logements des dirigeants terroristes et sur leurs installations à Beyrouth (en avril 1973).

Dans la région du Plateau du Golan, la plupart des actions dirigées contre Israël furent effectuées par des organisations terroristes. Ces actions se matérialisaient par des tirs à la frontière, des incursions en territoire israélien et la pose de mines. L’Armée Syrienne autorisait ces opérations terroristes et alla jusqu’à prendre part aux incidents de tirs. Dans le cadre du déploiement dans le Plateau du Golan, la construction de postes militaires fut achevée et des sections furent ajoutées au « système de clôtures ». Au mois de septembre 1972, le nombre d’incident atteignit un sommet et Tsahal initia une opération dans le cadre de la « mini-offensive ». Cela se traduisit par des tirs d’artillerie, des tirs d’obus de chars et des attaques aériennes de l’Armée de l’Air sur les bases des terroristes et les postes militaires de l’Armée Syrienne. Une partie de ces attaques fut exécutée en plein territoire syrien, jusqu’au nord de Damas. D’octobre 1972 jusqu’en janvier 1973, quatre jours de combats se déroulèrent au cours desquels il fut ordonné d’ouvrir un feu nourri contre la ligne syrienne. Suite à cela, un calme relatif fut rétabli dans la région du Plateau du Golan.

Maintien difficile d’un calme relatif dans le sud d’Israël

Dans la zone du canal de Suez, après le cessez-le-feu avec l’Égypte (en août 1970), Tsahal commença à améliorer sa ligne de points forts et à établir une deuxième ligne de « bastions ». De nouvelles routes furent tracées et construites, et l’armée israélienne se prépara à l’éventualité d’une reprise des combats.

Char israélien dans la zone du canal de Suez pendant la Guerre d’Usure

Dans la bande de Gaza, d’intenses opérations de sécurité débutèrent en 1971, après une période marquée par de nombreux attentats, dont le plus marquant fut le meurtre de deux enfants partis en excursion avec leurs parents. Le Commandement de la Région Sud concentra l’essentiel de ses efforts sur cette zone. Les forces dans la bande de Gaza furent augmentées en nombre, et restèrent stationnées plus longtemps dans la zone afin d’y prendre leurs repères.

Les forces étaient présentes à toute heure du jour et de la nuit. Les opérations de sécurité étaient effectuées par des petites unités qui opéraient dans un territoire bien défini et connu d’elles, et incluaient des opérations de routine de recherche et d’embuscades, sans négliger pour autant certaines opérations spéciales ciblées. Les forces israéliennes furent également positionnées dans les camps de réfugiés pour limiter l’activité terroriste qui en émanait, et des routes menant vers ces camps furent construites afin d’y faciliter l’accès. La frontière maritime fut fermée par la Marine. Ces opérations permirent un retournement de la situation : la plupart des cellules terroristes furent éradiquées, les dirigeants terroristes furent tués, capturés, se rendirent ou prirent la fuite. Le calme fut restauré dans la bande de Gaza.

Forte recrudescence des attentats commis en dehors d’Israël

Au cours de cette période, les terroristes palestiniens augmentèrent le nombre d’attentats perpétrés hors d’Israël, y compris contre des cibles non-israéliennes et non-juives, dans le but de faire prendre conscience du problème palestinien au monde entier. Diverses méthodes furent utilisées : détournements d’avions, attentats dans des aéroports, envoi de lettres piégées en Israël, meurtres de civils – tout cela avec une implication de terroristes étrangers dans les rangs de ces organisations. Les attentats les plus marquants furent le détournement par 4 terroristes de l’organisation « Septembre Noir » du vol 571 de la compagnie aérienne belge Sabena voyageant de Vienne vers Tel Aviv le 8 mai 1972 ; le massacre de l’aéroport de Lod le 30 mai 1972 au cours duquel 26 personnes furent tuées et 80 blessées par 3 membres de l’Armée Rouge Japonaise qui agissaient pour le compte du FPLP ; et enfin le massacre de 11 athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich début septembre 1972 par l’organisation palestinienne « Septembre Noir ». Israël mit tous les moyens en œuvre pour déjouer les attentats à l’étranger, en renforçant la protection des installations, des personnes et des avions, et en attaquant les bases terroristes où étaient élaborés les attentats.


Retour en haut de page

V. Échange de Prisonniers

Au cours de la Guerre d’Usure, 12 soldats de Tsahal furent capturés par les forces égyptiennes et 3 par les forces syriennes. Le 16 août 1970, un pilote blessé fut rendu par l’Égypte et le 29 mars 1971 un autre soldat revint d’Égypte. Le 9 juin 1972, un échange de prisonniers eut lieu avec la Syrie, au cours duquel les 3 pilotes capturés en Syrie furent rendus à Israël en échange de 5 officiers syriens qui avaient été capturés par Tsahal. Le 3 juin 1973, trois pilotes israéliens furent rendus à Israël après trois années de captivité en Syrie. En échange de ces 3 pilotes, Israël libéra 46 prisonniers syriens.

Retour en haut de page

Partager: