Les opérations de sauvetage de Tsahal

Pendant Pessah, le peuple juif célèbre son passage de l’esclavage à la liberté. À cette occasion, nous souhaitons mettre à l’honneur quelques opérations de sauvetage menées par Tsahal qui ont permises au peuple juif de fuir les persécutions et de vivre en sécurité en Israël.

L’Opération Tapis Volant

Les juifs du Yémen ont depuis longtemps des liens avec la Terre d’Israël. Aux XIXème et XXème siècles, à la suite du zèle religieux et de l’augmentation de l’antisémitisme, de nombreux Juifs yéménites ont immigré à Silwan à Jérusalem et à Kerem Hateimanim à Tel Aviv. Après le vote du plan de répartition de l’ONU en 1947 qui visait à établir un foyer juif, les persécutions contre la communauté juive du Yémen n’ont fait qu’augmenter. En effet, cette même année, le pogrom d’Aden a éclaté et a causé la mort de 82 Juifs et fait des dizaines de blessés. Les propriétés et les magasins appartenant aux Juifs ont été saccagés.

En 1949, la situation de la communauté juive empirant, l’imam du Yémen a autorisé les Juifs à quitter le pays. Ayant peur que l’imam change d’avis, Israël a mené rapidement l’Opération Tapis Volant qui visait à emmener la population juive du Yémen en Israël. L’opération a été difficile car les Juifs devaient partir clandestinement du camp de transit nommé Guéoulah (rédemption), proche d’Aden et éviter les autorités locales. De là, un pont aérien fut monté par les autorités israéliennes pour accomplir le transfert. De septembre 1949 à septembre 1950, environ 500 Juifs yéminites ont immigré chaque jour en Israël. Au total, 50000 Juifs yéminites sont arrivés en Israël grâce à l’Opération Tapis Volant, dont Haim Oshri, un des parachutistes figurant sur cette photo emblématique de la guerre de six jours lors de la libération de Jérusalem.


Haim Oshri du Yémen, sur la droite, a immigré en Israël à l’âge de cinq ans.

Haim Oshri du Yémen, sur la droite, a immigré en Israël à l’âge de cinq ans.

L’OPÉRATION MOÏSE

En 1974, le Derg, le gouvernement militaire provisoire de l’Éthiopie socialiste, dirigé par le lieutenant-colonel Mengistu Haile Mariam persécutait et oppressait la population juive du pays, également appelée les Beta Israël. Leur situation n’a fait qu’empirer dans les années 80. La famine, la guerre civile et l’influence des patrons soviétiques du Derg aggravaient les difficultés de la communauté juive à qui le gouvernement avait interdit de quitter le pays. Quelques Juifs éthiopiens ont réussi à fuir grâce aux navires israéliens qui partaient du Soudan. En 1984, le gouvernement israélien a jugé cette traversée trop dangereuse et y mit fin. En novembre de cette même année, lors d’une réunion secrète, le gouvernement israélien décida d’envoyer son armée afin de sauver les Beta Israël en les emmenant en Israël par pont aérien.

Les Beta Israël arrivant à l’aéroport de Lod en Israël durant l’Opération Moïse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin d’immigrer en Israël, les Beta Israël devaient arriver au Soudan où des avions les attendaient. Pour la plupart, cette traversée vers le Soudan s’est faite à pied et durait un mois et deux semaines. Cette longue et difficile marche rendait les voyageurs vulnérables face aux vols, à la faim et aux maladies. Beaucoup sont morts lors de leur traversée. Les avions de l’Armée de l’Air israélienne ont emmené 8000 Juifs éthiopiens en Israël où ils ont pu commencer une nouvelle vie. Cette opération de sauvetage a été nommée d’après le patriarche Moïse qui a mené le peuple juif d’Égypte vers la Terre Sainte comme l’ont fait les Beta Israël lors de leur traversée vers la liberté en Israël. D’autres opérations de sauvetage ont suivi; l’Opération Moïse et les deux suivantes ont permis aux Juifs d’Éthiopie d’immigrer en Israël où ils peuvent vivre en sécurité. Aujourd’hui, plus de 13000 Juifs éthiopiens vivent en Israël.

L’OPÉRATION EZRA AND NÉHÉMIE

Lorsque l’Irak a pris son indépendance de la Grande-Bretagne, les Juifs ont gardé leurs positions au sein du gouvernement. Dans les années 30, alors que l’antisionisme et la propagande nazi se propageaient, les Juifs irakiens ont été vicitmes de terribles violences. Le Farhoud de 1941, un terrible progrom qui a eu lieu à Baghdad durant la fête juive de Shavouot, a fait des centaines de morts et de blessés. Les propriétés et les magasins appartenant aux Juifs ont été pillés. Après cette extrême violence, la communauté juive irakienne n’était plus en sécurité dans leur pays natal.
Après la déclaration d’indépendance d’Israël, le gouvernement irakien faisait de plus en plus pression sur la population juive. Les Juifs avaient l’interdiction d’exercer certains métiers et ceux qui étaient sionistes étaient exécutés. Ils étaient régulièrement arrêtés pour trahison ou d’autres accusations similaires pour que le gouvernement puisse s’emparer de leurs biens. En mars 1950, le gouvernement a autorisé les Juifs à quitter le pays s’ils renonçaient à leur citoyenneté irakienne, qu’ils ne reviennent jamais et qu’ils abandonnent leurs biens. Le gouvernement israélien a rapidement organisé une opération de sauvetage nommée l’Opération Ezra et Néhémie, d’après les figures bibliques qui ont mené les Juifs lors de leur exil à Babylon.

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Des immigrants irakiens en route vers Israël (archives de l’Organisation sioniste mondiale)

Au début, peu de personnes voulaient partir de peur que leurs noms soient connus du gouvernement irakien. Étant donné que la violence persistait, la plupart des Juifs a finalement décidé de partir. Chaque Juif qui souhaitait partir ne pouvait prendre qu’une seule valise de 30 kilos et 140 dollars. Le reste a été saisi par le gouvernement irakien. Cette opération a permis l’immigration de 125000 Juifs d’Irak entre les années 1950 et 1951.


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