12 heures à bord d’un navire de guerre de Tsahal

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Le port de Haïfa, connu comme étant le principal accès marin d’Israël, n’est pas seulement réservé aux cargos et autres navires commerciaux. Ce point névralgique entre Israël et la Méditerranée accueille également de nombreux navires de la Marine israélienne, dédiés à la défense des côtes du pays. Afin de maintenir leur niveau d’excellence, les navires de la Marine testent leurs capacités de réaction. Montez à bord de l’un des patrouilleurs de la Marine israélienne dans un entraînement de plus de 12 heures en pleine mer.

Le navire de patrouille de classe Dvora est le principal gage de sécurité de Tsahal en Méditerannée. Patrouilles de routine, missions de secours, opérations spéciales visant à déjouer les activités illégales ainsi que le contre-terrorisme sont juste une infime partie des différentes tâches assumées par ce navire de combat.

Le patrouilleur “Degel” (“drapeau” en hébreu) est un de ces navires de classe Dvora. Géré par un équipage surmotivé et mené par le capitaine G., capitaine de fonction et de rang, le Degel a récemment effectué un exercice d’une journée entière de plusieurs étapes au large de Haïfa.

Le capitaine G. du patrouilleur Degel

Cet entraînement, qui a lieu une fois par mois, fait partie intégrante du calendrier rotatif sur le navire. Les soldats, qui sont considérés comme combattants, servent en rotation. Une semaine sur deux est consacrée à la protection des frontières maritimes – particulièrement dans le Nord avec le Liban – tandis que l’autre semaine est consacrée à l’entretien du navire.

Au départ du port

Tandis que les oiseaux élisent domicile sur le ponton du patrouilleur Degel, le capitaine G. finalise les vérifications avec ses soldats afin de s’assurer de son opérabilité. L’équipage est composé de huit soldats qui ont chacun d’entre eux effectué un entraînement intensif de 9 mois dans leur position respective.

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L’équipage se rassemble sur la proue du Degel et crie en coeur le nom de leur navire avant de lever le drapeau israélien sur sa passerelle. Après avoir reçu l’ordre de départ de la salle de crise – située dans l’une des nombreuses bases navales de Haïfa – l’équipage part en mer.

Manœuvrer en pleine mer

Après le trajet du quai à leur position en pleine mer, le patrouilleur Degel manœuvre en formation accompagné de quatre autres navires de classe Dvora. Les cinq équipages naviguent à haute vitesse et effectuent différents positionnements basés sur des situations fictives.

Les navires se placent tout d’abord en formation “boaz”. Il s’agit de naviguer en rang, côte-à-côte, à pleine vitesse vers l’Ouest. Après une coordination minutieuse, le capitaine G. mène la formation “victoire”, créant rapidement une colonne, une centaine de mètres entre chaque bateau.

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La flotille se dispose en formation “victoire”

Le capitaine G. donne ses instructions à la radio. Un par un, les navires quittent la colonne et, tels des oiseaux migrateurs, créent une formation en “V”. Ces manœuvres sont répétées plusieurs fois à vitesse maximale, démontrant tout le professionnalisme et l’expérience des marins.

Scénarios d’urgence

Après en avoir fini avec les répétitions de formation, les navires s’exercent aux cas d’urgence. Dans l’exercice pratiqué, la simulation consiste en une infiltration en provenance du Liban ou encore entraînant le kidnapping d’un soldat sur une plage. Ces scénarios obligent les navires à faire preuve d’une grande réactivité afin de les conditionner au mieux.

La dernière simulation faite ce jour-là consistait en la présence d’un soldat blessé à bord du Degel. Les soldats sont amenés à attacher tout objet susceptible de s’envoler, et de baisser tous les drapeaux afin que rien ne puisse heurter les pales de l’hélicoptère à l’atterrissage.

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Les soldats se saisissent de cinq bidons qu’ils remplissent d’eau et les attachent ensemble afin de simuler la corpulence d’un soldat d’environ 80 kg. Ils installent ensuite les bidons sur une civière et attendent que l’hélicoptère se positionne au-dessus du navire.

La coordination et la communication entre l’Armée de l’Air et la Marine permettent à l’hélicoptère de se placer, en toute sécurité, au dessus du Degel. Guidé depuis le bateau par les marins, l’hélicoptère remonte la civière grâce à un système de treuil.

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Le transfert du blessé fut un succès. Alors que l’hélicoptère rentre à sa base, le Degel poursuit son entraînement.

L’heure du casse-croûte

Après de longues heures d’entraînement, les soldats du Degel sont plus que prêts pour manger. Poulet pané, hot dog, kebab, jus – un copieux repas les attend malgré les nombreux kilomètres qui les séparent de la côte.

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“Quelqu’un sait faire des hot dogs?” demande l’un des soldats alors que les autres attendent impatiemment leur repas. Bien qu’aucun d’entre eux n’est suivi en parallèle une formation de chef étoilé, tous ont dévoré jusqu’à la dernière miette leurs plats. De quoi être revigorés pour le prochain exercice : la séance de tir à balles réelles.

Chargé, armé, feu

Le coucher de soleil est unique. Alors que le soleil disparaît lentement à l’Ouest, il semble entrer dans les profondeurs de la Méditerranée. Les soldats du Degel ne perdent pas l’opportunité d’admirer ce spectacle et de profiter de leur pause de deux heures pour discuter entre eux. Le capitaine G. surgit soudain de sa cabine dirigeant chacun à son “poste de combat”.

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Les soldats préparent une bouée sur laquelle sont attachés des bâtons lumineux. Il fait à présent totalement nuit et ces bâtons aideront à identifier la cible.

Après avoir jeté la bouée à la mer, le capitaine G. fait effectuer au navire des cercles de plusieurs kilomètres autour de la cible. Le navire s’arrête pour prendre position pendant près de 20 minutes en attendant l’ordre d’exécution de la salle de crise.

Soudainement, la voix du capitaine G. retentit dans les hauts parleurs du navire qui s’élance alors à pleine vitesse en direction de la cible. Le système d’armement est varié. Le principal poste est situé sur la proue, composé d’un canon télécommandé et d’une mitrailleuse lourde. Ils sont entièrement contrôlés depuis l’intérieur du navire, l’opérateur utilisant une caméra avec vision de nuit afin de repérer et suivre les cibles.

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Sur la poupe se trouve une mitrailleuse de calibre .50 capable de tourner sur 360 degrés afin de se défendre contre n’importe quel ennemi. De la même façon, les flancs sont équipés de mitrailleuses MAG et chaque soldat porte sur lui un M-16 pour sa propre sécurité.

Alors qu’il se rapproche de la bouée, le patrouilleur Degel ouvre le feu avec son armement le plus lourd. Le bateau se positionne ensuite sur la gauche et les soldats positionnés à tribord ouvrent le feu. D’abord le calibre .50, puis le MAG, et enfin un soldat muni de son M-16 tirent sur la bouée, détruisant à vue d’œil la cible.

Le retour à la base

Après plus de 12 heures d’entraînement sur la Méditerranée, l’équipage du capitaine G. est enfin sur le chemin du retour pour Haïfa. Les navires affrontent les vagues grandissantes, et alors que le Degel s’approche du quai, le capitaine reçoit un appel de la chambre de crise.

Un navire plus gros de la Marine arrive au port et a besoin d’être escorté par le navire de patrouille de classe Dvora. Sans aucune hésitation, le capitaine G. fait demi-tour vers le large, son équipage de nouveau en action dans cette mission sans fin qu’est la sécurisation des eaux de la Méditerranée.

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