DÉCLASSIFIÉ – Le lieutenant Eitan dévoile les événements autour de l’enlèvement de Hadar Goldin

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Durant l’Opération Bordure Protectrice, les soldats de Tsahal ont fait face à de nombreux dangers dans la bande de Gaza. 64 d’entre eux ont été tués, et plusieurs autres ont été blessés au combat. Voici l’histoire d’un soldat qui a oublié la peur pour tenter de sauver Hadar Goldin, un de ses frères d’armes enlevés par le Hamas.

Le lieutenant Eitan, âgé de 23 ans, a rejoint l’unité d’élite de la Brigade Givati ​​en mars 2010. C’est lors de son cours d’officier qu’il a rencontré pour la première fois le lieutenant Hadar Goldin aux côtés de qui il allait se battre quelques années plus tard pour affronter les terroristes du Hamas durant l’Opération Bordure Protectrice à Gaza.

Le lieutenant Eitan

Le lieutenant Eitan

C’est le vendredi 1er août 2014, autour de 08h00 du matin, que le major Sarel a annoncé à ses soldats qu’un cessez-le feu avait été conclu entre le Hamas et Israël.

Profitant de la nouvelle et parce qu’ils n’avaient pas dormi au cours des 24 dernières heures, les soldats, parmi lesquels le lieutenant Eitan, décidèrent de se reposer à tour de rôle afin de reprendre des forces tout en continuant les recherches des tunnels terroristes dans les maisons de la bande de Gaza, comme l’accord de cessez-le-feu le prévoyait.

Lors de l’une de ces inspections, le major Sarel vit qu’un terroriste les observait depuis le toit d’une autre maison. Accompagné du sergent-chef Lial Gidoni et du lieutenant Hadar Goldin, il s’approcha du terroriste sans ouvrir le feu pour évaluer le danger. C’est à ce moment-là que des terroristes ont commencé à tirer sur eux et une forte explosion a retenti. Les autres forces se trouvant à proximité ne comprenaient pas ce qu’il se passait.

Tout à coup quelqu’un a crié “Goldin a disparu”

Eitan et ses soldats, qui se trouvaient non loin de là, se sont immédiatement rendus sur place en renfort. “Quand je suis arrivé, j’ai vu deux de nos soldats être emmenés à l’intérieur d’une maison. Au même moment, on nous a annoncé que l’on avait trouvé l’ouverture d’un tunnel terroriste à cet endroit. Craignant une possible explosion, j’ai donné l’ordre à tout le monde de s’éloigner.”

“Personne ne savait vraiment ce qu’il s’était passé mais quelqu’un a rapidement crié “Goldin a disparu“. Nous nous sommes mis à compter les soldats et tous ont répondu présents sauf un : le soldat Goldin manquait à l’appel. À ce moment-là j’ai réalisé que les terroristes l’avait enlevé en le tirant à l’intérieur du tunnel.”

Le lieutenant Eitan a réuni son unité et leur a dit que deux officiers avaient été tués et qu’il était probable qu’un soldat ait été enlevé. Un silence assourdissant emplit la pièce. “Il n’existe pas de sentiment plus difficile que celui que j’ai ressenti.”

Lorsque j’ai compris qu’il y avait un soldat enlevé, je suis parti à sa recherche

“Le commandant de brigade, le colonel Ofer Vinter, m’a contacté par radio et je lui ai annoncé que je partais à sa recherche. Il m’a donné son accord en m’ordonnant de lancer une grenade avant d’entrer dans le tunnel. Je suis descendu à quatre mètres de profondeur dans le tunnel qui commença à s’effondrer. Je ne voyais presque plus rien, le sable et les pierres cachant la lumière autour de moi. Je suis retourné à la surface, j’ai pris mon équipement, mon casque et une arme, et je suis retourné dans le tunnel accompagné d’autres soldats.”

Si je ne suis pas revenu dans cinq minutes, c’est que je suis mort

Le lieutenant Eitan a pris avec lui un groupe de combattants, les avertissant que le tunnel pouvait être piégé et qu’ils étaient autorisés à tirer si un danger se présentait.

“Là, j’ai vu du sang et l’équipement de Hadar.” À sa droite, Eitan trouva des sacs qui bloquaient le passage et un fusil. Il s’avança, ouvrit l’un d’entre eux et y trouva des explosifs. Il fit venir immédiatement un expert pour les neutraliser.

“Je voulais arrivé à l’autre bout du tunnel pour trouver Hadar, mais je savais aussi qu’il y avait un risque que des terroristes me tuent ou me prennent en otage avec lui. Je me suis retourné et j’ai dit à mon commandant : “vérifiez le temps que je mets. Je vais courir aussi vite que possible pour voir si j’atteins l’entrée du tunnel. Pendant ce temps, appelez d’autres soldats. Si je ne suis pas de retour dans cinq minutes, c’est que je suis mort”. J’ai commencé à courir tout en tirant. À l’intérieur du tunnel, j’ai vu des explosifs, des armes, des entrées d’autres tunnels. Tous y été prêts pour le combat.”

Après deux minutes, Eitan décida de rebrousser chemin, le danger était trop grand. À l’ouverture du tunnel, des officiers lui donnèrent l’ordre de continuer à inspecter la zone de Rafah. Des dizaines de combattants progressèrent vers la route principale entre la région agricole et la zone la plus peuplée de la ville. Au cours de cette recherche, des terroristes ont ouvert le feu sur les soldats qui ont riposté et ont continué leurs recherches. (**)

“Le commandant du bataillon m’expliqua que la mission avait changé et m’envoya dans le tunnel pour ramener tout le matériel de Hadar Goldin. Je suis retourné dans le tunnel. Nous avons rassemblé l’équipement de Hadar. Le tunnel était plein de suie, mais je savais ce que je cherchais. Puis j’ai donné tout cela à l’unité de Tsahal chargée des personnes disparues”.

“Dans des moments extrêmes comme celui-là, chaque soldat fait ce qu’il juge bon. Je ne suis pas un héros. Lorsque j’ai rendu visite à la famille de Hadar, ils m’ont embrassé. Si on parle d’héroïsme, il doit revenir à sa famille”.

(**) Rafah, zone récurrente de combats

Cette région a toujours été au coeur du conflit, et pas seulement le jour où le soldat Hadar Goldin a été enlevé. Dans la nuit du 18 juillet, les forces opérant dans la zone de Rafah y ont subi une attaque menée par des terroristes du Hamas qui ont envoyé un âne chargé d’explosifs dans leur direction.

Burro-en-Gaza

Plus tard, dans la matinée du 03 août, les forces spéciales de la Brigade Givati y ont découvert plus de 150 mortiers et un tunnel.

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