“170000 roquettes et missiles menacent Israël”

Aviv Kochavi FR

Hier, le chef des Renseignements, le général de division Aviv Kochavi a décrit toutes les menaces pesant sur Tsahal et l’État d’Israël à la conférence annuelle de l’Institut national israélien des études sécuritaires (INSS). “C’est la première fois depuis des décennies où nous sommes confrontés à une situation où toutes les villes israéliennes peuvent être attaquées par les armes de nos ennemis”, a expliqué Kochavi lors de son discours. Il a également analysé les différentes implications qu’impose la présence de roquettes et missiles autour du pays, la menace du nucléaire iranien, la diffusion des groupes jihadistes au Moyent-Orient et les nouvelles alliances sunnites et chiites.

“Nous devons faire face à une quantité énorme de roquettes et de missiles”, a expliqué le général Kochavi. “Il ne s’agit pas seulement de la quantité mais également de leur efficacité. Ces roquettes peuvent être tirées depuis des zones reculées et atteindre les villes d’Israël. Il y a environ 170000 roquettes et missiles tout autour de nos frontières. Ce chiffre a été encore plus important par le passé mais il est à nouveau en hausse.”

kochavi

La guerre urbaine

Les groupes terroristes entourant Israël ont décidé de changer de champ de bataille. Ils sont passés des espaces ouverts vers des zones urbaines, créant ainsi une situation de lutte asymétrique. “L’ennemi se cache dans les villes et villages, s’habille comme des civils mais est équipé d’armes de pointe. Des dizaines de kilomètres de tunnels souterrains existent dans le bande de Gaza et au sud du Liban. Cela modifie la manière de mener la guerre”, explique le général. “Tant que l’ennemi est en possession de roquettes et de missiles, il peut continuer à tirer et menacer notre front intérieur, même si nous sommes dans une position où nous avons déjà conquis du terrain. Ces roquettes ont un grand impact sur le déroulement de la guerre et nos décisions stratégiques.”

“Il y a dix ou vingt ans, il suffisait de fournir de vagues informations sur une certaine position et les soldats pouvaient effectuer leur mission. Aujourd’hui, nous devons leur fournir la localisation précise de chaque lanceur de roquette car si nous ne les détruisons pas, ils continueront de tirer sur la population israélienne. C’est un énorme défi pour Tsahal et nous devons fournir les renseignements.”

100 000 roquettes aux mains du Hezbollah

Au delà des différents groupes terroristes, Tsahal doit également faire face aux armées régulières de la région selon Kochavi, dont des pays lointains mais qui ont les capacités de nuire à Israël. Kochavi explique toutefois que certains groupes terroristes doivent être considérés comme des organisations ‘paramilitaires’. “Nous ne pouvons pas qualifier le Hezbollah d’une organisation terroriste comme les autres”, poursuit-il. “Une organisation qui détient plus de 100 000 roquettes a des capacités qui ressemblent plus à une armée qu’à une organisation terroriste. Ils ont des missiles anti-tanks et des obus de mortier de pointe. Le Hamas rentre également dans cette catégorie.”

Menace des missiles du Hezbollah

Menace des missiles du Hezbollah

Iran & Syrie

Après le printemps arabe, la majorité des pays autour d’Israël n’est désormais plus souveraine sur ses terres où les gouvernements ne fonctionnent plus. Cela a mené à la fragmentation du Moyent-Orient, non seulement au niveau territorial mais également au niveau du pouvoir. C’est exactement ce qu’il se passe en Syrie. “Le côté syrien du plateau du Golan est divisé entre les mains de nombreux groupes. Chaque village est sous le contrôle de différents groupes : l’armée syrienne libre, des groupes jihadistes, l’armée syrienne… La Syrie est divisée en d’innombrables petits morceaux. Les petits groupes armés comptent 4000 combattants alors que les grands groupes en comptent 15000. Nous voyons également ce phénomène de fragmentation dans la péninsule du Sinai et dans le bande de Gaza. C’est un grand défi pour le Corps des Renseignements.”

La Syrie est devenue un centre mondial pour les jihadistes du monde entier. Elle attire des combattants de partout, d’Europe, d’Australie et d’Amérique. “Ces personnes ne restent pas toujours en Syrie, elle se déplacent dans tout le Moyen-Orient, déplaçant  les combats depuis la Syrie vers les pays voisins.”

SYRIA-CONFLICT

L’axe Iran-Syrie-Hezbollah est d’ailleurs dans une situation difficile selon Kochavi. “L’Iran a obtenu un accord sur le nucléaire mais cet accord est temporaire, il n’est pas permanent. Les Iraniens continuent de développer leur programme nucléaire militaire encore aujourd’hui”, a déclaré le général.

Le Hezbollah souffre également d’intenses critiques du monde arabe et du Liban pour son implication dans les combats en Syrie. Cela a mis en évidence les nouvelles oppositions dans le Moyen-Orient entre les Sunnites modérés et les Chiites extrémistes. “Les anciennes alliances sont rompues et de nouvelles alliances ont été créées par des intérêts communs, les religions et les ethnies communes.”

Une meilleure armée israélienne

Alors que l’incertitude plane dans la région et que les armes des ennemis s’améliorent, Kochavi souligne que Tsahal n’a pas seulement maintenu son niveau militaire mais l’a amélioré. “L’Armée de l’Air israélienne et la Marine israélienne ont grandement amélioré leurs capacités militaires.” Le Corps des Renseignements s’est lui adapté à ces nouvelles réalités notamment en utilisant davantage les moyens de cyberguerre. “Nous avons grandi et nous utilisons un outil important, le cyber. Nous ne connaissons pas encore toutes nos capacités dans ce monde-là. Je suis convaincu que ce domaine n’a aucune limite.”

La tâche de Tsahal devient elle de plus en plus difficile. L’armée doit empêcher toutes ces menaces tout en minimisant les dégâts civils. “Pourquoi ? Car c’est ainsi que Tsahal se bat. Ce sont nos valeurs. Réagir avec puissance, d’une manière qui n’affecte pas les civils. Et toutes les [précédentes] raisons rendent cela très compliqué.”

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