L’Après Plomb Durci : “Avant l’opération, chaque jour, 60 roquettes et obus de mortier étaient tirés sur Israël, les sirènes retentissaient à 40 reprises”

La force dissuasive de Tsahal dans la bande de Gaza a largement été boostée par Plomb Durci, et les leçons tirées ont engendré de nombreux changements au niveau humain, opérationnel et dans les entraînements des forces terrestres. Des déclarations exclusives d’officiers supérieurs israéliens.

L’Opération Plomb Durci a affecté de nombreux secteurs de la société dans la bande de Gaza. Selon des officiers supérieurs de l’armée israélienne, de plus en plus de Gazaouis rejettent la présence de forces armées palestiniennes. De plus, l’organisation terroriste du Hamas a perdu le soutien et la confiance de la société civile de la bande de Gaza en raison de son incapacité à résister face à l’armée israélienne pendant l’Opération Plomb Durci.

Toujours selon des hauts responsables de Tsahal, l’effet dissuasif engendré par l’Opération Plomb Durci existe toujours, même s’il s’est beaucoup affaibli. Le temps a passé, et les tensions avec le Hamas et d’autres organisations terroristes dans la bande de Gaza se sont intensifiées. Bien que l’armée israélienne ne soit pas intéressée par une nouvelle escalade de violence, elle est préparée et prête à protéger les citoyens israéliens, et à réagir avec force et détermination contre toute activité terroriste. Tsahal continue de s’entraîner afin d’améliorer ses techniques et d’intégrer les leçons tirées des précédents conflits, tout en sachant que la prochaine opération dans la bande de Gaza sera différente de la dernière.

Une meilleure protection des civils

“Avant l’Opération, il y avait une sorte de ‘veto’ en Israël afin de ne pas pénétrer dans la bande de Gaza”, affirme le Lieutenant Colonel Tomer Tavor, Commandant de la Branche de Sécurité Nationale de la Région Sud et des implantations. “Il y avait une crainte. Mais depuis Plomb Durci, notre pouvoir de dissuasion a largement augmenté – Aujourd’hui, il est évident que nous avons des projets.”

“Après Plomb Durci, nous avons eu le silence. Le Hamas savait que nous étions capables de le frapper. Mais plus nous nous éloignons dans le temps, plus le souvenir de l’Opération s’estompe”, a déclaré le Lieutenant Colonel Ilan Dayan, Commandant de la défense territoriale de la Division de Gaza. “2011 a été une année relativement inhabituelle – avec cinq escalades de violence. Cela peut venir du fait que l’impact de Plomb Durci s’est affaibli au fil du temps ou de certaines considérations internes palestiniennes.  Au cours de ces escalades, ce sont parfois d’autres factions qui ont mené les combats, alors que le Hamas cherchait à maintenir le calme.”

Soldate du Commandement du Front Intérieur. Photo : Nellu Cohn, extrait du livre "TZAHAL"

Le Lieutenant Colonel Dayan a déclaré que le Hamas avait un intérêt à maintenir le calme après le coup très dur porté par l’armée israélienne au début de l’année 2009.

“Le Hamas  parvient parfois à les arrêter (les autres groupes terroristes implantés dans la bande de Gaza) parce qu’il est conscient du prix qu’il pourrait lui en coûter – ça n’a pas d’importance de savoir qui est à l’origine du tir, nous n’avons qu’une adresse, qui est le Hamas”, a expliqué le Lieutenant Colonel Dayan.

L’impact de cet argument est immense sur le terrain. Entre octobre 2000 et jusqu’à la fin de l’Opération Plomb Durci en janvier 2009, plus de 12000 roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël depuis la bande de Gaza, dont 3000 tirés au cours de l’année 2008 seulement. Un millions de civils israéliens qui résident dans le sud du pays vivaient sous la menace constante des tirs de roquettes et des infiltrations de terroristes depuis la bande de Gaza.

“Avant Plomb Durci, au cours des huit années qui précédaient l’opération, 60 Quassam et obus de mortier étaient tirés chaque jour sur Israël”, a déclaré le Lieutenant Colonel Tavor. “C’est une quantité inimaginable. Les sirènes retentissaient 40 fois par jour. Aujourd’hui, en moyenne deux obus de mortier sont tirés par semaine, contre 200 avant l’opération.”

Il a ajouté que la situation à proximité de la bande de Gaza s’était nettement améliorée. La preuve en est que la demande de logements dans la ville de Sderot est élevée – 700 familles attendent de recevoir un logement.

“Il s’agit de la région la plus protégée, la plus entraînée et la plus apte à défendre la population civile”, a affirmé le Lieutenant Colonel Dayan.

Plusieurs raisons expliquent cela. Tout d’abord, le renforcement des bâtiments dans un périmètre de 7 kilomètres près de la bande de Gaza a débuté et s’achèvera d’ici la fin de l’année. Des arbres ont été plantés afin d’obscurcir le champ de vision des terroristes qui tirent des roquettes depuis la bande de Gaza sur Israël. Des bataillons régionaux de défense ont été créés. Des radars plus performants sont désormais utilisés afin de détecter les tirs d’obus de mortier. Enfin des batteries du système de protection anti-missiles “Dôme de Fer” ont été installées.

“Dôme de Fer” est déployé à des endroits stratégiques , où les tirs de roquettes mettent directement la vie de civils en danger. Depuis Plomb Durci, le système de sirène a été nettement amélioré, et des centaines de nouvelles sirènes ont été installées par le Front Intérieur. Deux batteries de “Dôme de Fer” supplémentaires seront déployées d’ici la fin de l’année 2012.

Le système de Protection anti-missile “Dôme de fer” protège les civils israéliens

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Armement

“Nous sommes tenus d’équiper  nos brigades d’infanterie et d’améliorer leur techniques de défense et leurs capacités, notamment en ce qui concerne les combats de nuit”, a déclaré le Colonel Roniel Turgeman, Chef  du Département de l’armement de l’infanterie et des drones terrestres de combat.

“Ces mesures ont été mises en place suite à la Deuxième Guerre du Liban (2006)  et à l’Opération Plomb Durci, ce qui explique pourquoi nous investissons beaucoup dans le développement et le déploiement d’armement – ce qui est essentiel sur le terrain.”

Pendant Plomb Durci, une grande variété d’armes a été utilisée sur le champ de bataille, notamment des outils permettant d’assister les soldats sur le champ de bataille, des systèmes d’observation et de sabotage ainsi que des missiles.

“Puisqu’il s’agit d’une zone urbaine, il est nécessaire d’améliorer notre précision, ainsi que notre capacité à manœuvrer et à réagir efficacement à ce type de conflits”, a expliqué le Colonel Turgeman, “Ce sont des choses qui augmentent le sentiment d’assurance des soldats dans leur capacité à combattre et à faire face à un ennemi préparé.”

Un nouveau fusil longue-portée, le “Barak” a été mis en service l’année dernière et a amélioré la précision des tireurs d’élite de jour comme de nuit.

Au cours des deux dernières années,  des drones ont été utilisés en continu le long de la frontière avec la bande de Gaza. Ces robots permettent d’observer et de collecter des renseignements, et pourraient à l’avenir également présenter la faculté de tirer.

“Les drones permettent de localiser et d’identifier toute personne ou tout objet le long de la frontière avec la bande de Gaza très rapidement, sans exposer nos soldats à des risques éventuels.”

“L’ennemi sait que nous avons de plus grandes capacités pour faire face aux différents systèmes qu’il déploie. Le développement et le déploiement d’un armement de pointe améliorent de manière significative le pouvoir de dissuasion des forces terrestres et notre fermeté dans la lutte quelques soient les conditions.”

Le Colonel Turgeman a conclu : “L’objectif final est de coordonner les forces terrestres avec la préparation de l’ennemi qui est en train de s’améliorer et d’évoluer au fil du temps. Nous devons faire face à ces défis rapidement, précisément, et de manière décisive en effectuant  des progrès technologiques et en améliorant l’armement déjà existant.”


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