Lieutenant-général Moshé Dayan, 4ème Chef d’État-major de Tsahal (de 1953 à 1958)

Moshé Dayan

Moshé Dayan (hébreu : משה דיין) est né en 1915 au kibboutz Degania, le premier kibboutz établi par les pionniers Juifs sionistes sur la terre d’Israël.

Une implication précoce dans la défense des communautés juives

Dès l’âge de 18 ans, il s’investit dans la défense de la communauté juive présente en Palestine mandataire. En 1933, il rejoint la Haganah en tant que membre de la police des communautés. Il fait un temps partie des gardes de l’oléoduc de Haïfa, et lorsque l’ex général de l’armée britannique Orde Charles Wingate met en place « les escadrons spéciaux nocturnes » (hébreu : פלוגות הלילה, ‘Plougot HaLayla’, une unité mixte juive et britannique de lutte contre-insurrectionnelle), Moshé Dayan est l’une des cinq premières personnes à se porter volontaire dans cette unité. Au cours de plusieurs opérations osées, il sert même de second à Wingate. En 1939, il est arrêté par les Britanniques avec d’autres membres de la Haganah.

Il est alors emprisonné à Acre pendant 2 ans. Une fois libéré, il se porte volontaire pour intégrer une division d’infanterie australienne, avec laquelle il combat l’armée de Vichy en Syrie (1941). C’est au cours de cette période qu’il perd son œil gauche. Après la victoire des Alliés en Syrie, il rejoint le cours de formation des Parachutistes de l’Armée Britannique. A l’issue de sa formation, il réintègre la Haganah en tant que membre permanent. Il participe à des opérations de renseignement au service de l’Armée Britannique  et est envoyé en mission par la Haganah dans les pays arabes voisins.

Une accession progressive au poste de Chef d’État-major de Tsahal

Lorsque la Guerre d’Indépendance éclate, il est envoyé dans la région de la Vallée du Jourdain et participe à la conquête de Lod et Ramleh lors de la bataille des « 10 jours », en tant que commandant de l’Unité Commando « 89 » de la 8ème Brigade Blindée. Il devient par la suite commandant de la région de Jérusalem et négocie avec le roi Abdallah de Jordanie en vue de rétablir l’ordre dans cette zone. Il joue aussi un rôle dans les négociations de l’armistice israélo-arabe sur l’île grecque de Rhodes.

Il est nommé Commandant du Commandement de la Région Sud en 1949, Commandant du Commandement de la Région Nord en 1952 puis Chef de la Branche des Renseignements. Le 6 décembre 1953, il accède au poste de Chef d’État-major. Au cours de son mandat, il met l’accent sur les unités de combat, comme l’illustre l’unité 101 qui réalise de nombreuses opérations de représailles à cette époque. Il fait aussi partie des planificateurs de la campagne du Sinaï en 1956, et commande l’armée israélienne au cours de l’opération. Il dirige le retrait du Sinaï, auquel il était pourtant personnellement opposé. Pendant cette période, son cache-œil devient le symbole de son audace, de son orgueil et de ses victoires.

Une carrière ministérielle couronnée de nombreux succès dans son œuvre pour la paix

Il achève ses 4 années de mandat en tant que Chef d’État-major le 29 janvier 1958, est élu comme député à la 4ème Knesset (le parlement israélien), et sert comme Ministre de l’Agriculture (1959 – 1964).

Le 1er juin 1967, peu de temps avant que la Guerre des Six Jours n’éclate, il est nommé Ministre de la Défense par le Premier Ministre de l’époque Lévi Eshkol et bénéficie d’une adhésion populaire sans précédent en raison de sa personnalité charismatique. Sa victoire éclatante lors de la Guerre des Six Jours lui permet de proclamer sans attendre la politique des « ponts ouverts », dont l’objectif principal est la sauvegarde de l’appartenance nationale, sociale et économique des habitants de Judée-Samarie avec le Royaume de Jordanie, en autorisant le passage des familles et des marchandises en provenance et en direction de Jordanie. Il lutte pour la signature d’un accord avec l’Égypte, qui inclut un retrait unilatéral d’Israël des passes stratégiques de Gidi et Mitla.

Pendant la Guerre du Kippour, après « l’échec » et le franchissement de la ligne violette syrienne, Moshé Dayan présente sa démission, refusée par le Premier Ministre de l’époque Golda Meir. Le rapport de la commission Agranat ne considérait pas Dayan comme responsable ministériel des événements qui ont mené au déclenchement de la guerre. En juin 1974, au moment de la démission du gouvernement de Golda Meir, il termine son mandat en tant que Ministre de la Défense. En 1977, il rejoint le gouvernement du Likoud dirigé par Begin et occupe le poste de Ministre des Affaires Étrangères.

Moshé Dayan est l’un des initiateurs des contacts avec l’Égypte, il rencontre le roi du Maroc et Hassan Tohami, le représentant du président égyptien Anouar el-Sadate. Il contribue largement à l’aboutissement des accords de Camp David, puis à la signature des accords de paix avec l’Égypte. En 1980, il démissionne de son poste de Ministre des Affaires Étrangères. Il est élu député à la 10ème Knesset pour le parti Telem dont il est le chef.

Il s’est éteint le 16 octobre 1981.

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