Le Lehi

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Le Lehi, un acronyme des mots « Lohamei Herout Yisrael » (hébreu : לוחמי חרות ישראל, litt. Combattants pour la Liberté d’Israël),  était une organisation clandestine qui opéra de 1940 à 1948. Au départ, il était principalement composé d’un groupe dirigé par Avraham (« Yaïr ») Stern, qui s’était séparé de l’Irgoun en 1940. La scission était due au désaccord sur trois questions majeures :

  • la demande du groupe de poursuivre la lutte militaire contre le gouvernement britannique indépendamment de la guerre contre l’Allemagne nazie ;
  • l’opposition à l’enrôlement au sein de l’Armée Britannique, que Jabotinsky soutenait ;
  • la volonté de collaborer, à titre tactique, avec quiconque soutiendrait la lutte contre les britanniques en Palestine.

Insigne du Lehi

Le Lehi rejetait l’autorité des institutions élues du Yichouv (hébreu : היישוב, un terme désignant l’ensemble des Juifs présents en Palestine avant la création de l’État d’Israël) et du mouvement sioniste mondial, et se querellait parfois farouchement avec la Haganah.

Les buts du Lehi étaient maximalistes : conquête et libération d’Eretz Israël ; guerre contre l’Empire Britannique ; et établissement d’un « royaume hébraïque s’étendant de l’Euphrate au Nil ». Contrairement à l’étendue de ses objectifs, la puissance du Lehi était limitée ; il n’avait jamais plus de quelques centaines de combattants et ses réserves d’armes étaient maigres. La disparité entre ses aspirations et sa réelle puissance dictaient les méthodes de combat du Lehi : des actions audacieuses et extrémistes, visant à la fois à obtenir des financements et des armes et à démontrer qu’il était possible de frapper l’ennemi avec succès.

En conséquence de ses activités, le Lehi s’est retrouvé isolé du Yichouv. Les institutions du Yichouv le condamnaient et la police britannique chassait ses membres. Le 12 février 1942, Avraham (« Yaïr ») Stern, le dirigeant du Lehi, fut capturé dans un appartement de Tel Aviv et assassiné par des détectives britanniques. Les combattants restants continuèrent à livrer la lutte et une nouvelle structure de commandement fut établie. Le terrorisme continua à constituer la ligne de conduite de l’organisation, avec la croyance qu’une série d’attaques douloureuses obligeraient les britanniques à reconsidérer la question de leur maintien en Palestine.

Le 6 novembre 1944, deux membres du Lehi assassinèrent Lord Moyne, le Ministre britannique des Affaires du Moyen-Orient au Caire. Eliyahou Beit-Tzouri et Eliyahou Hakim, qui avait commis le meurtre, furent attrapés, jugés par un tribunal militaire, et pendus le 23 mars 1945.

Lorsque le Mouvement de la Résistance Juive (hébreu : תנועת המרי העברי, ‘Tnouat HaMeri HaIvri’) fut créé en novembre 1945, le Lehi le rejoignit, de même que la Haganah et l’Irgoun. Le Lehi réalisa de nombreuses opérations dans le cadre du mouvement, dont la plus grande fut l’attentat à la bombe contre les ateliers ferroviaires de Haïfa, au cours duquel 11 membres du Lehi furent tués. Après la dissolution du Mouvement de la Résistance Juive suite à l’attentat à la bombe de l’Hôtel King David à Jérusalem le 22 juillet 1946, le Lehi poursuivit sa politique de harcèlement et d’usure.

Des combattants du Lehi

En 1947, le Lehi décida de concentrer ses activités à Jérusalem afin d’empêcher la mise en place du Plan de Partage et l’internationalisation de Jérusalem.

Lorsque l’Armée de Défense d’Israël fut créée le 31 mai 1948, le Lehi fut démantelé et ses membres s’enrôlèrent dans Tsahal. Le Lehi resta une organisation indépendante à Jérusalem uniquement, soutenant qu’au moment de la déclaration d’indépendance le sort de la ville n’avait pas encore été déterminé. Le 17 septembre 1948, le Comte suédois Folke Bernadotte, un médiateur de l’ONU, fut assassiné à Jérusalem, et des membres du Lehi furent soupçonnés. Le gouvernement déclara la branche de Jérusalem hors-la-loi et interdit la publication de son journal, Hamivrak. Les dirigeants du Lehi, Natan Yellin-Mor et Mattityahou Shmouelevitz furent condamnés à de longues peines de prisons par un tribunal militaire, mais furent libérés à la faveur d’une amnistie générale.

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