La Haganah

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La Haganah (hébreu : הגנה, litt. défense) était l’organisation de défense clandestine du Yichouv (hébreu : היישוב, un terme désignant l’ensemble des Juifs présents en Palestine avant la création de l’État d’Israël) de 1920 à 1948.

Le Yichouv considérait la Haganah comme une organisation militaire de défense légitime et chaque communauté agricole, ville ou voisinage juif y était affilié

La création et les années 1920 : défense du Yichouv en Palestine mandataire

Créée en 1920 par les fondateurs du syndicat sioniste Histadrout (la fédération générale des travailleurs juifs), elle était considérée comme illégale par les autorités britanniques mandataires.

Pendant ses 10 premières années, la Haganah était rattachée aux institutions élues de la Histadrout car les dirigeants de l’Organisation Sioniste et du Yichouv n’étaient pas encore préparés à accepter la responsabilité de cette entité militaire illégale.

En conséquence des perturbations de 1929, la Haganah fut placée en 1931 sous l’autorité d’un comité paritaire (également divisé entre représentants politiques de droite et de gauche), devenant ainsi subordonnée aux dirigeants élus de la nation. Le Yichouv considérait la Haganah comme une organisation militaire de défense légitime et chaque communauté agricole, ville ou voisinage juif y était affilié.

1936-1945 : coopération avec l’Armée Britannique, contre les insurrections arabes dans un premier temps, et contre l’Allemagne nazie dans un second

Pendant les émeutes arabes de 1936-1939, des intérêts stratégiques menèrent les britanniques à autoriser une collaboration militaire entre l’Armée et la Police Britanniques et la Haganah dans une certaine mesure, ce qui lui conféra une certaine légalité. Cela se manifestait dans la « Police Auxiliaire Juive » qui exista jusqu’en 1948 et dans les « escadrons spéciaux nocturnes » (hébreu : פלוגות הלילה, ‘Plougot HaLayla’, une unité mixte juive et britannique de lutte contre-insurrectionnelle) dirigés par l’officier britannique Capitaine Charles Orde Wingate.

Au mois de septembre 1939, la Haganah avait déjà créé un Corps de Terrain, un Service Médical, un Corps de Transmissions, un Service de Renseignements, l’Alyah Beth (hébreu : עלייה ב) qui était en charge de l’immigration illégale, une industrie d’armement, des services d’acquisition et de stockage des armes et le Ma’arahot (hébreu : מערכות, litt. campagnes), un journal militaire professionnel. Elle avait également mobilisé plus de 20 000 policiers auxiliaires juifs, ainsi que des troupes de terrain et des escadrons nocturnes. En 1941, le Gadna (les bataillons de jeunes) et le Palmah (une force d’attaque) furent créés.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les membres de la Haganah se sont enrôlés dans les diverses unités des Forces Armées Britanniques. La Haganah coopérait avec les Renseignements Britanniques dans la collecte d’informations et dans le parachutage de membres de la Haganah en Europe afin de sauver des Juifs. Pendant toute la durée de la guerre, la coopération avec les britanniques l’emporta sur la résistance et la lutte contre les politiques britanniques en Palestine.

Après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Haganah était la plus grande et la plus importante force militaire juive qui opérait contre les britanniques

1945-1948 : multiplication des opérations de sabotage jusqu’à la déclaration d’indépendance d’Israël

Après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la Haganah était la plus grande et la plus importante force militaire juive qui opérait contre les britanniques – elle menait des opérations de libération d’immigrants emprisonnés, de sabotage du réseau de voies ferrées du pays et des stations radar et bases de la police britannique, de sabotage des bateaux impliqués dans la déportation des immigrés clandestins et de destruction des ponts routiers et ferroviaires aux frontières. La Haganah était aussi responsable de l’immigration de masse clandestine en provenance d’Europe et d’Afrique du Nord (1944-1948) par voie maritime et terrestre, et a fourni une protection militaire pendant Homa OuMigdal (hébreu : חומה ומגדל, litt. Muraille et Tour), l’opération de construction de clandestine de villes juives en une nuit, en allant à l’encontre des lois britanniques.

Le 18 juin 1946, le Département de la Défense de l’Agence Juive ordonna à la Haganah de se tenir prête à se défendre contre une possible attaque des pays arabes voisins. Du 29 novembre 1947, date du vote du Plan de Partage par les Nations Unies, jusqu’au départ des britanniques et l’invasion immédiate de l’État d’Israël nouvellement créé par les armées de cinq États arabes le 15 mai 1948, la mission de protection de la communauté juive contre les forces locales irrégulières et les troupes arabes étrangères fut assurée par la Haganah. Elle s’était réorganisée, était passée sous le commandement d’un état-major national et, en plus de ses unités terrestres, elle possédait les prémices d’une force aérienne et d’une marine.

Le 26 mai 1948, le Gouvernement Provisoire édicta l’ordonnance établissant l’Armée de Défense d’Israël (hébreu : צבא הגנה לישראל, ‘Tsva Haganah LeYisrael’), en incorporant le mot Haganah (défense) dans son nom.

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