Au cours d’un voyage le long de la frontière nord, un Général de Tsahal opérant dans la région s’est exprimé sur la situation en Syrie et sur les mesures prises par l’armée israélienne face aux bouleversements en cours.
“Nous continuons à nous préparer à l’éventualité d’une guerre, et particulièrement en raison de la situation en Syrie”, a expliqué le Général Tamir Heyman, officier du Corps Blindé Mécanisé.
Pour lui, les combats entre les partisans d’Assad et les forces d’opposition, pourraient donner lieu à “une attaque terroriste dans une zone qui était ces dernières année très calme“.
“L’instabilité et le manque de gouvernance dans la région ont renforcé la marge de manœuvre du mouvement terroriste jihadiste mondial, qui tentent de frapper de nouvelles cibles”, a-t-il ajouté.
Face à ces nouvelles menaces, Tsahal renforce ses services de renseignement, son pouvoir de dissuasion et les infrastructures déjà en place, pour empêcher toute attaque le long de la frontière nord. “Nous devons être prêts à toutes les éventualités, même sur le plateau du Golan. Nous craignons principalement une attaque le long de la frontière, et nous nous préparons constamment.“
Un “calme trompeur” à la frontière syrienne
Le dernier conflit entre armées sur le Golan remonte à l’ automne 1973 et à la Guerre du Kippour où les armées coalisées de l’Égypte, de la Syrie et d’autres pays de la Ligue Arabe attaquent par surprise. Aujourd’hui, une zone-tampon sépare les l’armée syrienne et l’armée israélienne. Il n’y a aucun contact entre Tsahal et les forces syriennes. Et la frontière reste celle de deux pays en guerre. Des hauteurs du Golan, les soldats postés sur le Golan scrutent la Syrie et les grands axes qui relient la zone à Damas, finalement très près. La quantité de soldats et munitions que chacun des deux pays peut poster dans les kilomètres qui jouxtent la frontière est prédéfinie par les troupes de l’ONU.
La routine est plutôt calme sur le plateau du Golan, et depuis 1974 s’y sont établies des communautées israéliennes. Kibboutz, villages et fermes isolées, autant de lieux que Tsahal sécurise au quotidien, et notamment en coordination étroite avec les réservistes habitants de la zone.
Calme trompeur ? En mai et juin 2011, deux émeutes d’une extrême violence éclatent le long de la frontière israélo-syrienne La frontière est prise d’assaut, mais les soldats évitent toute infiltration en territoire israélien. Le bilan humain est lourd, mais impossible à déterminer exactement.
La situation est nouvelle, et inédite à la frontière syrienne. Tsahal, préparé à faire face à une armée est confronté à l’instrumentalisation de civils et à leur utilisation comme boucliers humains par le régime syrien.
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