Le 12 juillet 2006, l’organisation terroriste du Hezbollah lance une attaque combinée en territoire israélien au-delà de la frontière nord d’Israel. Un groupe de terroristes armés prend pour cible une patrouille de l’armée israélienne. Il pénètre en territoire israélien et tuent 3 soldats de Tsahal. Puis, ils kidnappent 2 soldats réservistes, blessés au cours de l’attaque, qu’ils emmenent de force en territoire libanais.
Le Hezbollah déclare la guerre
La nouvelle tombe en Israël, le pays est sous le choc. Les soldats capturés sont Eldad Regev (26 ans) de Kiryat Motzkin et Ehud Goldwasser (31 ans) de Nahariya. La nouvelle fait d’autant plus l’effet d’une bombe que quelques jours auparavant, Gilad Shalit avait été kidnappé par un commando terroriste du Hamas.
Simultanément à son attaque et avant toute riposte israélienne, le Hezbollah bombarde massivement les localités frontalières et les positions de Tsahal le long de la frontière. Obus de mortiers et roquettes Katioucha s’abattent sur les communautés israéliennes, surprises par la soudaineté des violences.
Ces attaques sont à l’origine de la Deuxième Guerre du Liban, au cours de laquelle Israël est parvenu à affaiblir considérablement le Hezbollah au sud-Liban.
Durant 34 jours, des combats féroces opposent les forces de Tsahal à celles du Hezbollah, devenu au cours des années une véritable armée au sud-Liban et très implanté dans les villages parmi les civils. La guerre se termine avec le vote de la résolution 1701 par le Conseil de Sécurité de l’ONU appelant notamment au désarmement du Hezbollah. Mais les deux soldats kidnappés, eux, ne rentreront plus jamais chez eux…
Un trautamitisme national : l’échange de 2008
Pendant toute la durée de la guerre et les deux années qui suivent, le Hezbollah refuse de donner des informations concernant les deux soldats enlevés dans l’attaque à l’origine du conflit de l’été 2006. Les visites de la Croix-Rouge sont interdites et les familles des otages, desespérées, redoutent de découvrir le sort de leurs enfants.
Tsahal accepte de payer un lourd tribut dans l’espoir de voir rentrer Ehud Goldwasser et Eldad Regev chez eux en Israël. Dans tout le pays, les voitures se couvrent d’autocollants en leur honneur, leurs noms sont connus de tous les Israéliens. Le pays, ou chaque famille sert dans les rangs de Tsahal, est uni par une décision: la vie de chaque soldat compte, et Israël se doit de ramener ses enfants.
Dans le cadre d’un accord obtenu face au Hezbollah, Israël libère donc 4 terroristes de l’organisation ainsi que Samir Kuntar, un terroriste libanais du FLP, condamné en 1980 par Israël pour le meurtre en 1979 de Danny Haran,et de sa petite fille de 4 ans, Einat, ainsi que d’un policier israélien. L’homme qui avait éclaté le crâne de la fillette contre des rochers à l’aide de son fusil est accueilli en héros au Liban. La fête organisée pour son retour est diffusée par Al-Jazeera aux foules du monde arabe.
L’organisation terroriste a maintenu jusqu’à la dernière minute le suspense sur le sort des deux soldats. La vérité est exposée au monde lorsque le Hezbollah dépose à la frontière deux cercueils noirs contenant les restes d’Ehud Goldwasser Eldad Regev. Ces derniers sont acheminés à bord d’un convoi d’une dizaine de 4×4 aux vitres teintées.
La cruauté du Hezbollah est diffusée sur les écrans d’Israël et du monde entier. L’espoir et les réactions des parents des deux soldats, découvrant les corps de leurs enfants sont retransmis en direct. Le choc est énorme, en Israël et partout ailleurs.
Images d’archive : journal télévisé de TF1 du 16 juillet 2008
Israël cependant décide d’honorer l’accord avec le Hezbollah, et procède à l’échange.
Le 16 juillet 2008, avec le retour des corps des 2 soldats israéliens, le Grand Rabbin Militaire Israel Weiss qui officiait en 2006 durant la guerre, commente : « le processus d’identification a été très long parce que, si nous pensions que l’ennemi était cruel, nous étions surpris, lorsque nous avons ouvert les cercueils, de découvrir l’étendue de sa cruauté.»
Aujourd’hui
Six ans après, le Hezbollah s’est considerablement renforcé au sud-Liban, avec l’aide de l’Iran et la Syrie.
Le Hezbollah a directement violé les closes de la résolution 1701 en se réarmant et en se renforçant par l’acquisition d’armes provenant des régimes syrien et iranien. Malgré la présence de la FINUL, le Hezbollah assoit son pouvoir au sud-Liban et sur une population civile prise en tenaille. Dans cette zone, estimait à la conférence d’Herzliya le général Benny Gantz, Chef d’État-major de Tsahal, une maison civile sur dix sert de cache d’armes au Hezbollah.

Les infrastructures militaires du Hezbollah sont deployées au coeur des populations civiles, un choix motivé par sa doctrine de guerre et sa stratégie de préparation du prochain conflit
Aujourd’hui, on estime que le Hezbollah dispose de trois fois plus de missiles par rapport à ce qu’il possédait avant la guerre. Presque 30 000 d’entres elles sont cachées au sud-Liban.


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