Une étude révèle l’ampleur de la méconnaissance du conflit par les étudiants français

Pour ces étudiants français, “la bande à Gaza” est “un groupe organisé, armé”.  La Cisjordanie? Un ”pays voisin accueillant des réfugiés et se mettant en conflit avec l’Etat d’Israël”.  Une étude de l’université de Montpellier détaille des résultats ahurissants…

Une étude menée par Chloé Yvroux, doctorante à l’université de Montpellier et révélée par le site du Monde Diplomatique et le blog Big Browser du journal Le Monde révèle l’ampleur des carences des jeunes français sur le conflit israélo-arabe.

Exemples de représentation du territoire du conflit, vu par des étudiants français (Esquisses produites par les étudiants au cours de l’enquête menée par Chloé Yvroux)

Une étude, aux résultats décrits comme étant “tout simplement ahurissants” par le Monde Diplomatique, a été menée à l’université de Montpellier, auprès d’étudiants en Licence d’Histoire et Géographie, pour laquelle les étudiants du campus ont été questionnés sur leurs connaissances sur le conflit israélo-arabe. Son auteur, Chloé Yvroux, a proposé à un groupe d’étudiants de deuxième année de répondre à une série de questions ouvertes et de remplir un fond de carte. Le principe? Compléter la carte avec “tous les éléments” que ces étudiants connaissent.

Et le blog Big Browser de s’interroger:

“Chacun se croit légitime à avoir, voire à donner un avis sur le conflit israélo-palestinien. Mais quelle est la valeur réelle des informations dont nous croyons disposer ?”

Les cartes produites par les sujets de l’étude semblent pointer vers des carences systématiques, alors que certaines des cartes montrent le territoire d’Israël barré par une immense bande de Gaza traversant le Négev et Tel Aviv remplacée par le territoire palestinien.

Quant aux références géopolitiques, le constat effarant est expliqué par l’auteur de l’étude comme conséquence directe d’une déformation progressive des représentations par les médias français. 

“Au-delà du simple constat d’un manque général de connaissances, l’analyse des représentations révèle des perceptions bien partagées, apparemment dues à des déformations collectives,” explique-t-elle au blog Big Browser. ”De la situation au Proche-Orient, la plupart des Français ne reçoivent des informations qu’au travers des conversations, de la littérature et des médias. Autant de filtres et d’intermédiaires à l’origine du processus de fabrication des représentations qui permettent de créer un cadre de médiation avec le ‘réel’.”

Exemples de représentation du territoire du conflit, vu par des étudiants français (Esquisses produites par les étudiants au cours de l’enquête menée par Chloé Yvroux)

Exemples de représentation du territoire du conflit, vu par des étudiants français (Esquisses produites par les étudiants au cours de l’enquête menée par Chloé Yvroux)

D’après Chloé Yvroux, “Les résultats de l’enquête attestent un manque de connaissances, mais ils ne sont en rien surprenants dans ce type de questionnement, et ils peuvent être envisagés comme un indicateur des représentations détenues par l’ensemble de la population en France. Ils soulignent le décalage entre une information de plus en plus présente, accessible, actualisée presque en direct, et ce qu’en retiennent les « usagers de l’information». Et on se demande quel est le processus qui produit ces représentations collectives « déformées » sur un sujet aussi prégnant dans l’actualité. Ces résultats constituent également un révélateur et offrent un bon support aux journalistes qui pourront, le cas échéant, penser la manière dont leurs lecteurs ou auditeurs reçoivent et absorbent les informations.”

Entre autres inversions et mauvaises représentations, moins de 10% des interrogés – toujours selon l’auteur – mentionnent la Cisjordanie sur la carte relative au territoire du conflit. Cette zone, désignée sur notre site par le terme Judée-Samarie directement traduit de l’Hébreu, est en réalité le centre opérationnel des administrations de l’Autorité Palestinienne et est administrée en partie par Israël. Depuis les Accords d’Oslo, le territoire est lui-même sous-divisé et la majorité des zones arabes a été confiée à l’Autorité Palestinienne. Les zones où sont installées des communautés juives restent gardées par l’armée israélienne. Les zones où la population est mixte sont sous contrôle partagé. Ce sont les fameuses zones A, B et C. Pour en savoir plus, il existe un article explicatif dans le glossaire.

Judée-Samarie : zones A, B et C

Se pose pour nous, soldats de l’unité du Porte-parole de Tsahal, la question de la clarté des explications données dans nos articles et vos besoins de meilleures localisations des histoires que nous vous rapportons du terrain. Nous sommes ouverts à vos commentaires et suggestions, et joignables par mail : contact@gmail.com.

Et pour ceux qui voudraient rafraîchir leurs notions de géographie, référez-vous à nos articles sur la bande de Gaza, la cloture de sécurité, la ligne Verte avec la Judée-Samarie, la ligne Bleue avec le Liban, le plateau du Golan, et les traités de paix israélo-jordanien et israélo-égyptien!


Partager: